http://jesusmarie.free.fr/anselme_proslogion.pdf page 434
et maintenant, homme pusillanime, dérobe toi un peu à tes occupations, cherche un abri contre l'orage de tes pensées, dépose le fardeau de tes soucis, suspends ton pénible labeur ; occupe toi un instant de Dieu, un moment repose toi en lui....
L'importance d'Anselme de Canterbury pour la pensée occidentale prend toute son évidence avec le commentaire de Brunschvicg (qui certes s'y livre depuis "l'autre côté du temps", mais ici nous ne nous soucions plus de tout cela) dans la section III "Transition médiévale" du "Progrès de la conscience dans la philosophie occidentale"; il s'appuie sur un ouvrage de Koyré que je n'ai pu trouver : "L'idée de Dieu dans la philosophie de Saint Anselme" (1923). Voir cependant le texte de "La pensée métaphysique de Descartes" de Gouhier qui le cite :
Quelques extraits de Brunschvicg sur Anselme :
"Avec Anselme de Canterbury la tradition scolastique se précise : du fourmillement d'images, du scintillement de formules qui charment et embarrassent dans l'oeuvre d'Augustin, la réflexion d'un Anselme travaille à tirer une doctrine de la Trinité plus sobre et plus précise; et cette doctrine, à son tour, fécondée par l'inspiration de la mystique franciscaine, va s'épanouir, chez Bonaventure, dans un système complet d'analogies cosmiques et psychiques.
ainsi, au XIII ème siècle, la philosophie de Bonaventure exprimerait l'achèvement de la scolastique augustinienne, capable de prendre place en face de la scolastique thomiste qui commence de rivaliser avec elle, toutes deux d'ailleurs destinées à se compléter comme les deux interprétations les plus universelles du christianisme (dit Gilson)"
Il reste que, d'après Brunschvicg :
"Socrate et Platon nous ont enseigné le caractère auquel la sagesse occidentale reconnait une philosophie de la raison : c'est la solidarité entre l'autonomie de la conscience et la vérité de la science. Le progrès de la vie spirituelle ne peut se déraciner de la vie intérieure, s'appuyer à autre chose qu'à la spontanéité radicale du sujet pensant....et il est assuré que la spontanéité de la pensée est étrangère à l'horizon de la scolastique augustinienne"