Ces lignes sont extraites du début de "La matérialité de l'esprit" de Daniel Pinkas :
«En 1842, à Berlin, quatre jeunes et brillants physiologistes, parmi lesquels le grand Hermann Von Helmholtz, rédigèrent un manifeste où la thèse du matérialisme scientifique se trouvait formulée avec une virulence et une cohérence jusqu'alors inconnues. Exaspérés par le vitalisme de leurs aînés et par la religiosité dans laquelle baignaient les interprétations du monde physique que l'idéalisme hégélien échafaudait, ils firent serment de "prouver la justesse de la vérité fondamentale selon laquelle seuls les forces physiques et chimiques, à l'exclusion de toute autre, agissent sur l'organisme".
Cette décision d'exclure toute explication mentionnant des entités, substances ou forces non matérielles est certes historiquement importante; mais ce qui retient d'abord notre attention, c'est le fait que nos physiologistes signèrent le manifeste, tels des pirates ou des conjurés, avec leur sang.»